BART 15F10 - Poésie comme sentiment du monde (La)

Dans la Chine ancienne, les futurs mandarins devaient être capables d'écrire un poème pour réussir les concours impériaux. Ce n'est plus indispensable aujourd'hui pour entrer à l'ENA ou exercer de hautes responsabilités dans l'Etat, les entreprises ou les médias. Pourtant, fréquenter de plus près l'écriture poétique pourrait offrir un bon antidote à la nouvelle « langue de bois », la langue d'eau tiède qui domine aujourd'hui le monde des affaires comme celui de la politique. La poésie est toujours un exercice salutaire de lutte contre les formules toutes faites, les clichés, les phrases creuses. Elle peut être, aujourd'hui plus que jamais, un exercice de liberté d'expression et d'imagination. Tout poète, tout écrivain fait un usage personnel et singulier de ce bien qui nous est commun : la langue. Le poème délie les mots et les images pour établir entre eux et nous de nouveaux rapports, surprenants et neufs. Mais à travers cet exercice de liberté, la poésie nous parle de notre relation à nous-même, aux autres et au monde. Même si le jeu a sa part en poésie, la poésie n'est pas qu'un jeu gratuit. Au meilleur d'elle-même, elle est conscience sensible de notre présence, ici et aujourd'hui. Elle est le sentiment du monde. De quel monde nous parle la poésie d'aujourd'hui ? Et en quoi peut-elle être l'atelier imaginaire de ce monde ? Comment, aux côtés de la pensée politique ou de la philosophie, mais d'une tout autre manière et en disant autre chose, la poésie peut-elle donner forme à la conscience qui émerge d'un peuple-monde entre les mains duquel réside l'avenir de cette planète, de la vie sur Terre et de la civilisation humaine ?
Francis COMBES
Atelier
français
Chaque étudiant devra se munir d'un carnet pour ses notations personnelles : mots et expressions, choses vues ou entendues dans la rue, images, citations, idées... A chaque séance, un étudiant fera un exposé sur un poète de son choix, en relation avec la problématique du cours.
Printemps 2021-2022
La notation prendra en compte trois critères : 1 - la présentation d'un exposé (40% de la note) 2 - la production de textes personnels en séance ou entre les séances (six au minimum) la qualité et l'originalité des textes produits. 3 - la participation orale
Guillaume Apollinaire : Alcools ou Calligrammes (Gallimard poche)
Collectif : L'honneur des poètes (Le Temps des Cerises)
Bertolt Brecht : Poèmes 1 (éditions de l'Arche)
Basho : Anthologie du Haïku (Le Seuil)
Vladimir Maïakovski : Le nuage en pantalon (Le Temps des Cerises édition bilingue
Allen Ginsberg : Howl (Christian Bourgois éditeur)
Robert Desnos : Fortune
Jacques Prévert : Paroles
Reverdy : Sables mouvants
Eluard : Les derniers poèmes d'amour
Pablo Neruda : Le Chant général
Yannis Ritsos : Tard, bien tard dans la nuit
M. Darwich : Rien qu'une autre année.
Fernando Pessoa : Le gardeur de troupeaux
Vitezslav Nezval : Prague aux doigts de pluie